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DESLABLe Laboratoire de recherche en sciences humaines du lycée Descartes de Rabat
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Publications

De l’inégalité sociale à l’inégalité biologique

On mai 21, 2026 by labo recherche Standard

le transhumanisme saisi par le capitalisme 

Réalisé par Emma Maya Dolléans, Selma Bouazzaoui et Hassan Sayah.

INTRODUCTION 

Depuis les premières annonces d’Elon Musk concernant Neuralink1, une entreprise visant à concevoir des implants cérébraux, jusqu’aux progrès fulgurants de l’outil d’édition génétique CRISPR-Cas92, les technologies transhumanistes sont entrées dans le débat public. Longtemps cantonnées à la science-fiction, elles posent désormais une question concrète : jusqu’où pouvons-nous et devons-nous modifier le corps humain ? Mais une autre interrogation, plus politique, se fait jour : ces innovations sont-elles accessibles à tous, ou ne feront-elles qu’accentuer les inégalités ? Derrière l’enthousiasme technologique se cache un enjeu démocratique fondamental. 

À titre d’illustration concrète, en janvier 2024, Neuralink3 a implanté sa première puce cérébrale chez un patient humain — Noland Arbaugh4, un homme tétraplégique qui a pu contrôler un ordinateur par la pensée grâce à l’implant N15. En février 2026, l’entreprise comptait déjà 21 patients implantés dans le monde6. 

Simultanément, le premier médicament basé sur CRISPR-Cas97, le Casgevy8, a été autorisé en décembre 2023 aux États-Unis et en Europe au prix de 1,9 million d’euros, illustrant l’entrée fracassante de ces technologies dans l’économie de marché. 

Le présent article a pour objectif d’analyser cette tension. La problématique centrale est la suivante : dans quelle mesure la marchandisation des technologies transhumanistes et la capitalisation du vivant conduisent-elles à une remise en cause fondamentale de l’égalité politique ? 

Pour répondre à cette question, il est nécessaire de clarifier d’emblée trois concepts clés. Le transhumanisme désigne, selon la définition proposée par le philosophe Nick Bostrom9, un mouvement intellectuel et culturel prônant l’usage des technologies pour améliorer les capacités humaines, qu’elles soient physiques, cognitives ou sensorielles. Le biocapitalisme10, notion plus récente, renvoie à la transformation d’éléments du vivant — gènes, cellules, neurones, données biologiques — en biens économiques. Enfin, l’égalité politique, au sens de Jean-Jacques Rousseau11 (1762), est l’idée selon laquelle aucun citoyen ne peut exercer sur un autre un pouvoir arbitraire fondé sur une supériorité naturelle ou acquise. 

L’hypothèse défendue dans cet article est la suivante : le biocapitalisme transhumaniste ne se limite pas à renforcer des inégalités socio-économiques déjà existantes. Il opère une mutation qualitative en convertissant des inégalités de richesse en inégalités biologiques incorporées. Autrement dit, ce qui relevait autrefois du patrimoine ou du revenu deviendrait une caractéristique inscrite dans le corps, durable et potentiellement transmissible. Cette transformation affaiblit le postulat d’une humanité commune sur lequel repose l’égalité politique moderne. 

Pour démontrer cette thèse, nous suivrons un plan en trois parties. Dans un premier temps, nous montrerons comment la conception traditionnelle du vivant comme producteur de ses propres normes (Canguilhem12, 1943) a été progressivement remplacée par une vision optimisable et technique du corps (Bostrom13, 2005 ; Foucault14, 1979). Un deuxième temps analysera le passage au biocapitalisme : lorsque l’augmentation devient un marché, le corps

entre dans la sphère économique en tant que capital (Marx15, 1867 ; Becker16, 1964 ; Piketty17, 2013). Enfin, nous évaluerons les conséquences politiques de cette transformation, en nous demandant si l’égalité entre citoyens peut survivre à une différenciation biologique planifiée (Rose18, 2007 ; Rousseau19, 1762 ; Zuboff20, 2019). 

Il est nécessaire de préciser les limites de cette réflexion. D’une part, cet article ne prétend pas épuiser l’ensemble des enjeux du transhumanisme : les dimensions écologiques, religieuses ou militaires ne seront pas traitées. D’autre part, nous adoptons une posture nuancée : ni technophobe (les technologies peuvent apporter des bénéfices réels, notamment dans le domaine du soin), ni technophile (le marché ne garantit pas spontanément la justice). Le transhumanisme est un phénomène ambivalent, porteur à la fois de promesses d’émancipation et de risques de domination accrue. C’est dans cette tension que se situe notre analyse. 

Enfin, un dernier préalable méthodologique s’impose. L’égalité politique n’a jamais été pleinement réalisée dans les faits : les sociétés humaines sont marquées par des inégalités de classe, de genre, de race. Le propos n’est donc pas de déplorer la disparition d’un âge d’or égalitaire qui n’a jamais existé. Il s’agit plutôt de montrer que les technologies transhumanistes, si elles ne sont pas régulées collectivement, risquent d’inscrire les inégalités dans la biologie même, rendant plus difficile encore leur correction politique. 

I. DU VIVANT NORMATIF AU VIVANT OPTIMISABLE : UNE RUPTURE CONCEPTUELLE 

Avant même que la marchandisation ne commence, une transformation profonde s’est opérée dans la manière dont l’Occident pense le corps vivant. On est passé d’une conception où le vivant définit lui-même ses limites à une conception où ces limites sont considérées comme des défauts à corriger. Cette mutation est la condition de possibilité du biocapitalisme. Pour saisir l’ampleur de ce basculement, il convient de remonter aux fondements philosophiques de notre rapport au corps. 

a) Le vivant comme producteur de normes 

Pour comprendre ce qui est en jeu, il faut revenir à l’œuvre du médecin et philosophe Georges Canguilhem21, en particulier à son livre majeur Le normal et le pathologique22 (1943). La thèse centrale de Canguilhem est radicale : ce n’est pas la science médicale qui définit ce qu’est un corps normal ou malade. C’est le vivant lui-même, par son activité propre, qui établit ses normes. Autrement dit, un organisme n’est pas une machine passive que l’on répare de l’extérieur ; il est un centre actif de régulation. 

« La santé est une marge de tolérance aux infidélités du milieu. » 

Cette formule signifie qu’un être vivant est en bonne santé lorsqu’il est capable de traverser des perturbations (froid, infection, fatigue) sans perdre son identité. La maladie n’est donc pas une simple défaillance mécanique ; elle est une difficulté pour l’organisme à créer de nouvelles normes adaptées à une situation nouvelle. 

Cette conception a des implications éthiques majeures. Si le vivant est producteur de ses propres normes, alors le rôle du médecin n’est pas de façonner le corps selon un idéal extérieur, mais de l’aider à retrouver sa propre capacité normative. En ce sens, la médecine est un art de la restauration, non un art de l’optimisation. Canguilhem se distingue ainsi de tout réductionnisme technicien. 

Cette idée servira de base à une critique du transhumanisme. En effet, si le corps vivant possède sa propre sagesse interne, pourquoi chercher à lui imposer de l’extérieur des standards de performance ? Pour Canguilhem, une telle tentative serait non seulement vaine, mais dangereuse : elle reviendrait à nier l’autonomie du vivant. C’est précisément cette

autonomie que le transhumanisme, dans sa version marchande, remet en question, comme nous allons le voir. 

b) Réparer vs augmenter : une frontière décisive 

À partir de la théorie canguilhemienne, on peut tracer une distinction conceptuelle claire entre deux attitudes médicales : la réparation et l’augmentation. Cette distinction est au cœur du débat éthique sur le transhumanisme, et elle conditionne toute la réflexion politique qui suivra. 

La réparation consiste à restaurer une capacité perdue. Par exemple, une prothèse pour une personne amputée, un stimulateur cardiaque pour un insuffisant cardiaque, ou encore un traitement hormonal pour pallier un déficit. Dans tous ces cas, l’objectif est de ramener l’individu à un niveau de fonctionnement considéré comme normal pour l’espèce humaine. La réparation respecte la normativité propre du vivant : elle ne cherche pas à dépasser les limites naturelles, mais à les rétablir. 

L’augmentation, en revanche, consiste à ajouter une capacité que l’humain moyen ne possède pas naturellement. Un implant rétinien permettant de voir dans l’infrarouge, un neurostimulateur améliorant la mémoire au-delà des performances habituelles, ou une édition génétique supprimant le besoin de sommeil : tous ces exemples relèvent de l’augmentation. Ici, l’objectif n’est plus de soigner, mais de surpasser. 

Le philosophe allemand Hans Jonas23, dans son ouvrage Le Principe responsabilité24 (1979), a été l’un des premiers à alerter sur les dangers de cette frontière franchie. Jonas écrit : « La technique moderne a transformé l’essence de l’action humaine. Jamais auparavant l’homme n’a dû assumer la responsabilité des modifications de sa propre nature. » Pour Jonas, cette responsabilité nouvelle est vertigineuse, car nous ne savons pas quelles seront les conséquences à long terme des modifications biologiques. Mais la distinction entre réparation et augmentation n’est pas seulement éthique ; elle a une portée politique. Tant que l’on soigne, on reste dans une logique d’égalité des chances (restaurer ce que la maladie ou l’accident ont détruit). Dès que l’on augmente, on introduit la possibilité d’un surplus qui peut créer une asymétrie durable entre individus. C’est précisément ce surplus qui intéresse le marché, et c’est ce que la pensée transhumaniste a théorisé sans toujours en mesurer les implications politiques. 

c) Le transhumanisme : vers une redéfinition industrielle de l’humain Le courant transhumaniste, en particulier dans sa version représentée par le philosophe suédois Nick Bostrom25, franchit délibérément la frontière entre réparation et augmentation. Pour Bostrom, il n’y a aucune raison morale de s’interdire d’améliorer la nature humaine. Dans un article fondateur (2005), il définit le transhumanisme comme « l’affirmation selon laquelle il est moralement souhaitable d’utiliser la technologie pour augmenter les capacités humaines au-delà de leurs limites naturelles ». 

Bostrom imagine un avenir où l’humanité post-humaine disposerait d’une intelligence décuplée, d’une santé quasi infinie et d’une durée de vie considérablement allongée. Selon lui, ces améliorations sont souhaitables car elles augmentent le bien-être et la liberté individuels. Le corps n’est plus un destin, mais un projet. Cette vision est séduisante, car elle promet l’émancipation par la technique. 

Cependant, une critique radicale de cette position se trouve chez Michel Foucault26. Bien que Foucault n’ait pas directement écrit sur le transhumanisme, ses analyses du biopouvoir sont d’une étonnante actualité. Dans Naissance de la biopolitique27 (1979), Foucault montre comment les sociétés modernes développent des techniques de gestion des populations. Le

biopouvoir ne s’exerce pas principalement par la répression, mais par l’optimisation : on cherche à rendre les corps plus utiles, plus productifs, plus dociles. 

Appliquée au transhumanisme, cette grille de lecture est féconde. Loin de libérer l’individu des normes, l’amélioration technique l’y soumet plus étroitement. Les implants, les modifications génétiques, les neurostimulateurs sont autant de dispositifs qui inscrivent des normes de performance directement dans la chair. Foucault écrit dans Surveiller et punir28 (1975) : 

« Le corps humain entre dans une machinerie de pouvoir qui le fouille, le désarticule et le recompose. » 

Ainsi, le transhumanisme, qui se présente comme un mouvement d’émancipation individuelle, pourrait bien être, selon la lecture foucaldienne, une nouvelle forme d’assujettissement. La promesse de devenir maître de son corps cache le risque de voir ce corps standardisé par les exigences du marché et de la productivité. Cette tension entre promesse d’autonomie et risque d’hétéronomie structure toute la réflexion transhumaniste, et prépare directement le terrain à sa captation par le capitalisme. 

Après avoir établi comment s’est opérée la rupture conceptuelle qui fait du corps humain un objet optimisable, il convient d’analyser les mécanismes par lesquels cette vision s’est traduite en réalité économique. Si la mutation philosophique a ouvert un espace théorique, c’est le marché qui s’est chargé de le combler. 

II. LE BASCULEMENT VERS LE BIOCAPITALISME : QUAND L’AUGMENTATION DEVIENT MARCHÉ 

Si la conception optimisable du vivant a ouvert un espace conceptuel, elle a aussi ouvert un espace économique. Le corps humain, considéré comme un projet technique, devient une ressource que l’on peut investir, faire fructifier et échanger. Cette logique marchande ne surgit pas ex nihilo : elle s’enracine dans des dynamiques capitalistes préexistantes qu’elle radicalise et prolonge. 

a) Du soin à la performance : l’entrée du corps dans l’économie 

Pourquoi l’augmentation intéresse-t-elle le marché ? Parce qu’un corps augmenté est un corps plus productif. Un élève qui bénéficie d’un implant mémoriel aura de meilleures notes. Un employé dont l’endurance est dopée par des modifications génétiques pourra travailler de plus longues heures. Un artiste dont la perception sensorielle est augmentée créera des œuvres plus originales. Le passage du soin à la performance est donc aussi un passage de la sphère de la solidarité (la Sécurité sociale, les assurances maladie) à la sphère de la compétition (le marché du travail, l’éducation, les relations sociales). Alors que la réparation relève d’un droit (le droit à la santé), l’augmentation relève d’un investissement personnel. 

Karl Marx29, dans Le Capital30 (1867), a montré comment le capitalisme transforme toute chose en marchandise. La force de travail, c’est-à-dire la capacité physique et intellectuelle de travailler, est déjà une marchandise. Mais Marx n’avait pas prévu que cette force de travail pourrait être directement fabriquée ou optimisée par des interventions sur le corps. Le transhumanisme radicalise la logique marchande : ce n’est plus seulement le temps de travail qui est vendu, mais la capacité biologique elle-même. 

L’économiste Gary Becker31, prix Nobel d’économie en 1992, a formalisé cette intuition avec sa théorie du capital humain. Selon Becker, l’éducation, la formation, la santé sont des investissements qui accroissent la productivité d’une personne. Dans son ouvrage Human Capital32 (1964), il écrit : 

« Le capital humain désigne l’ensemble des compétences, connaissances et qualités physiques d’un individu qui lui permettent de produire une valeur économique. »

Les technologies transhumanistes poussent cette logique à son paroxysme. Si l’on peut investir dans son génome (CRISPR) ou dans son cerveau (Neuralink) pour accroître ses capacités, alors le corps devient un support d’investissement direct. La frontière entre la personne et son capital s’efface. Cette disparition de la frontière n’est pas sans conséquences sur les modalités d’accumulation, comme le révèle l’examen des technologies en jeu. 

b) Technologies transhumanistes et capitalisation du vivant 

Concrètement, quelles technologies participent à cette capitalisation ? Nous en citerons trois, parmi les plus avancées aujourd’hui. 

Les implants neuronaux (Neuralink33, mais aussi les projets de l’Université de Stanford ou du CHU de Grenoble) visent à établir une interface directe entre le cerveau et une machine34. Utilisés d’abord pour traiter des paralysies, ils pourraient demain améliorer la mémoire, la vitesse de calcul ou la perception sensorielle. Ces implants collectent également des données neurologiques, transformées en actifs économiques. En 2026, Neuralink comptait 21 patients implantés dans le monde35, avec plus de 15 000 heures cumulées d’utilisation, et plus de 10 000 personnes inscrites sur liste d’attente — signe d’un marché potentiel considérable. 

L’édition génétique (CRISPR-Cas936) permet de modifier l’ADN avec une précision inégalée. En 2018, le chercheur chinois He Jiankui a annoncé avoir fait naître les premières « bébés génétiquement modifiés » (des jumelles rendues résistantes au VIH). Cet événement a suscité une condamnation internationale, mais il montre la direction : un marché de l’amélioration génétique, d’abord thérapeutique, puis potentiellement « cosmétique » ou « performance ». La concrétisation commerciale est désormais réelle : le Casgevy37, premier médicament à base de CRISPR autorisé, est commercialisé à 2,2 millions de dollars aux États-Unis depuis décembre 2023. Le marché mondial de la thérapie génique38, évalué à 9 milliards de dollars en 2024, devrait atteindre 51,3 milliards de dollars en 2034. 

Enfin, les analyses génomiques prédictives (23andMe39, Ancestry.com) collectent des millions de données ADN. Ces données sont ensuite revendues à des laboratoires pharmaceutiques ou à des assurances. La faillite de 23andMe en mars 2025 a mis en lumière l’ampleur du risque : les données génétiques de 15 millions de clients se sont retrouvées potentiellement à vendre dans le cadre de la procédure judiciaire40. Le corps devient ainsi une source de valeur informationnelle — et cette valeur peut se monnayer même après la disparition de l’entreprise qui l’a collectée. 

Le philosophe Antonio Negri et le théoricien Michael Hardt, dans Multitude41 (2004), forgent le concept de « bio-pouvoir productif » pour qualifier cette situation : « La vie elle-même est mise au travail. Ce ne sont plus seulement les travailleurs qui produisent, mais leurs gènes, leurs neurones, leurs af ects. » 

Cette formule percutante résume l’essence du biocapitalisme contemporain. Foucault42, de son côté, avait anticipé cette évolution, déclarant lors d’une conférence de 1976 : « Ce dont nos sociétés ont besoin, ce n’est pas d’une médecine de la santé, mais d’une médecine de la performance. » C’est exactement ce que le transhumanisme propose : une médecine qui ne soigne plus seulement, mais qui optimise. Cette capitalisation du vivant débouche inévitablement sur une question d’accès et d’équité. 

c) Marchandisation et accès différencié au corps augmenté 

Dans toute logique marchande, l’accès aux biens n’est pas universel mais dépendant du pouvoir d’achat. Les technologies d’augmentation ne font pas exception. Or, elles seront très coûteuses, du moins dans un premier temps. Le Casgevy43 illustre cette réalité : une dose unique est facturée 1,9 million d’euros en Europe, et 2,2 millions de dollars aux États-Unis44.

Le traitement contre l’hémophilie B, Hemgenix45, a été commercialisé à 3,5 millions de dollars — le médicament le plus cher jamais mis sur le marché. Seule une minorité pourra se les offrir. 

L’économiste Thomas Piketty46, dans Le Capital au XXIe siècle47 (2013), a montré que le capitalisme contemporain tend à produire des inégalités croissantes. Sa loi fondamentale, selon laquelle le rendement du capital est supérieur à la croissance économique, implique que ceux qui possèdent déjà du capital s’enrichissent plus vite que ceux qui ne possèdent que leur travail. Piketty écrit : 

« L’inégalité se creuse parce que les détenteurs de capital peuvent réinvestir leurs profits à un taux supérieur à la progression générale des revenus. » 

Transposée au biocapitalisme, cette analyse est éclairante. Les riches pourront non seulement accumuler des capitaux financiers, mais aussi des capitaux biologiques (mémoire augmentée, santé renforcée, durée de vie allongée). Ces capitaux biologiques leur permettront de gagner encore plus d’argent ou de pouvoir, créant un cercle vertueux pour eux et vicieux pour les autres. 

Mais il y a plus grave : contrairement aux inégalités de richesse ordinaires, les inégalités biologiques sont incorporées et durables. Un écart de revenus peut être réduit par un impôt progressif ou une redistribution. Un écart de capacités cognitives inscrit dans le génome est beaucoup plus difficile à corriger. Il devient héréditaire si les modifications germinales (transmissibles aux enfants) sont autorisées. 

Piketty n’a pas directement analysé cette question, mais sa logique conduit à une conclusion inquiétante : si le capitalisme biologique n’est pas régulé, nous pourrions assister à l’émergence d’une société de castes biologiques. D’un côté, les « augmentés », dotés de capacités supérieures ; de l’autre, les « naturels », relégués à des emplois subalternes. Cette perspective n’est plus de la science-fiction : elle est le prolongement logique des tendances actuelles. C’est sur le terrain de la politique que ces conséquences se révèlent dans toute leur gravité. 

L’analyse économique permet ainsi de comprendre comment les inégalités d’accès aux technologies d’augmentation s’auto-alimentent et s’approfondissent. Mais au-delà de la dimension économique, c’est le fondement même de l’égalité politique qui se trouve ébranlé. Il convient désormais d’en évaluer les conséquences pour nos démocraties. 

III. UNE ÉGALITÉ POLITIQUE MISE À L’ÉPREUVE PAR LA DIFFÉRENCIATION BIOLOGIQUE 

Si l’analyse précédente est correcte, alors une question politique brûlante se pose : que devient l’égalité entre citoyens lorsque les corps ne sont plus biologiquement comparables ? Le principe démocratique fondamental « un être humain, une voix » repose sur l’hypothèse d’une humanité commune. Cette hypothèse est-elle encore tenable dans un monde d’humains augmentés et non augmentés ? 

a) De l’inégalité sociale à la « citoyenneté biologique » excluante 

Le sociologue britannique Nikolas Rose48, dans La Politique de la vie elle-même49 (2007), a proposé le concept de « biopolitique avancée » pour décrire la situation des sociétés contemporaines. Selon Rose, nous sommes devenus des « individus biologiques » responsables de notre propre santé, de nos gènes, de nos risques. Cette responsabilisation a un revers majeur : elle transforme en profondeur les inégalités sociales en inégalités biologiques. Rose écrit :

« Aujourd’hui, les inégalités ne sont plus seulement économiques ou sociales ; elles s’inscrivent dans les corps eux-mêmes, par l’accès dif érencié aux soins, à l’environnement, et bientôt aux technologies d’amélioration. » 

Cette inscription corporelle des inégalités donne naissance à une forme de citoyenneté biologique hautement excluante. Historiquement, la citoyenneté se fondait sur des droits juridiques et politiques universels au sein d’une collectivité d’égaux. Lorsque le vivant se fragmente et se marchande, la citoyenneté biologique cesse d’être un vecteur de revendication collective ou de solidarité pour devenir un marqueur de ségrégation radicale. 

Dès lors, une question fondamentale se pose : comment fait-on une société si les citoyens appartiennent à la même catégorie biologique sur le papier, mais à des réalités physiologiques et cognitives totalement inégales dans les faits ? Le contrat social ne lie plus des pairs, mais des espèces structurellement hiérarchisées. L’inégalité n’est plus vécue comme une injustice sociale contingente et réformable, elle est naturalisée et légitimée par le verdict des cellules. 

Ce processus d’inscription corporelle et de rupture de l’humanité commune n’est plus une simple spéculation théorique ; il s’ancre déjà dans des dynamiques contemporaines et des faits d’actualité concrets. Le marché noir du dopage génétique50 dans le sport illustre comment l’avantage financier se transmute en supériorité biologique indétectable. Le tri embryonnaire et le tourisme génomique51 donnent accès, via des scores polygéniques52, à une sélection sur critères cognitifs. Disponible commercialement aux États-Unis depuis 2019 via des entreprises comme Genomic Prediction et Orchid Biosciences53, ce tri illustre l’émergence d’un marché de la sélection biologique accessible exclusivement aux couples fortunés. En 2024, l’American College of Medical Genetics and Genomics (ACMG) a néanmoins jugé l’utilité clinique de ces tests non démontrée54, et une étude de Nature Human Behaviour (octobre 2024) les a qualifiés d’« éthiquement discutables ». Ces mises en garde n’ont pas empêché la prolifération commerciale de ces pratiques. 

Nick Bostrom55, bien que défenseur du transhumanisme, reconnaît lui-même ce danger. Dans un article sur l’éthique de l’amélioration, il écrit : « L’un des risques majeurs du transhumanisme non régulé est l’émergence d’une ségrégation génétique, où quelques-uns accèdent aux améliorations tandis que la majorité en est exclue. » Cette franchise est louable, mais elle pose la question : comment empêcher une telle ségrégation ? C’est précisément à cette interrogation que l’héritage de Rousseau nous invite à répondre. 

b) Fragilisation de l’égalité politique et de l’artifice légal 

L’égalité politique moderne repose sur un postulat philosophique formulé avec une clarté incomparable par Jean-Jacques Rousseau56 dans Du contrat social57 (1762). Rousseau pose que les hommes sont égaux non pas parce qu’ils ont les mêmes capacités (il sait bien qu’ils diffèrent par la force, l’intelligence ou la santé), mais parce qu’aucune différence naturelle ne saurait justifier une domination politique. Rousseau écrit : 

« C’est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir. » 

Autrement dit, l’égalité politique est un artifice nécessaire pour contrer les inégalités naturelles et sociales. La loi doit traiter tous les citoyens comme égaux, même s’ils ne le sont pas dans les faits. Or, l’inégalité biologique incorporée brise ce mécanisme. Si certains humains disposent de capacités cognitives ou physiques nettement supérieures, non pas acquises par l’éducation ou l’entraînement, mais inscrites dans leur génome ou leurs implants, alors ils ne sont plus des égaux au sens de Rousseau. La loi commune devient artificielle, voire absurde, si elle s’applique à des êtres aussi dissemblables que, pour reprendre une métaphore célèbre, un cheval et un poney.

Piketty58, quant à lui, insiste sur la dimension économique de cette fragilisation. Dans son livre Capital et idéologie59 (2019), il montre que les inégalités extrêmes finissent toujours par corrompre les institutions démocratiques : 

« Lorsque les plus riches disposent d’un tel avantage économique qu’ils peuvent influencer les médias, les partis politiques et les décisions judiciaires, l’égalité politique n’est plus qu’un vœu pieux. » 

Avec le biocapitalisme, ce danger est démultiplié. Une personne ayant bénéficié d’une augmentation cognitive aura non seulement plus d’argent, mais aussi plus de capacités à comprendre les enjeux politiques, à organiser des campagnes, à convaincre par son éloquence. L’inégalité n’est plus seulement externe (dans les ressources), elle est interne (dans la personne même). Face à cette menace, la question de la régulation devient centrale. 

c) Pouvoir, régulation et conflits normatifs 

Face à ce risque, une question cruciale se pose : qui décide de ce qu’est un « bon » humain amélioré ? Qui contrôle les technologies d’augmentation ? La philosophe américaine Shoshana Zuboff60, dans L’Âge du capitalisme de surveillance61 (2019), analyse les nouvelles formes de pouvoir liées aux données numériques. Zuboff montre que les grandes plateformes ne se contentent pas de collecter nos données ; elles les utilisent pour prédire et modeler nos comportements : 

« La surveillance n’est pas un sous-produit, c’est le produit principal. » 

De même, les entreprises d’implants neuronaux ou de génomique ne vendent pas seulement une augmentation ; elles vendent l’accès aux données biologiques en continu. Un implant cérébral connecté à Internet transmet en temps réel l’état neurologique de son porteur. Qui a accès à ces données ? L’individu lui-même, mais aussi l’entreprise fabricante, peut-être son assureur, son employeur, voire l’État. L’affaire 23andMe62 (2025) illustre concrètement ce risque : la faillite d’une entreprise détenant les données génétiques de 15 millions de personnes a mis en péril la confidentialité de l’information la plus intime qui soit. Le biocapitalisme de surveillance pourrait ainsi produire un contrôle social d’une intensité inédite. 

Foucault63, dans Histoire de la sexualité64 (1976), décrit cette logique comme un « bio-pouvoir » qui s’exerce sur la vie des populations : 

« Le pouvoir s’exerce sur la vie dès lors que la vie devient un objet de gestion et d’optimisation. » 

Le transhumanisme, en faisant de la vie un projet technique, est la forme la plus achevée de ce bio-pouvoir. Mais cette domination n’est pas inéluctable, et plusieurs pistes de régulation méritent d’être envisagées. 

La première est une interdiction stricte des modifications germinales (transmissibles aux descendants), comme c’est déjà le cas dans la plupart des pays européens, afin d’empêcher la cristallisation de l’inégalité dans le patrimoine génétique de l’humanité. La deuxième est la création d’un accès universel aux augmentations de base, sur le modèle des médicaments essentiels génériques, pour intégrer ces technologies dans le giron du service public. La troisième est une taxation des actifs biocapitalistes (données génomiques, brevets sur des séquences ADN, etc.) pour financer des politiques de compensation sociale et égalitaire. 

Aucune de ces pistes n’est simple à mettre en œuvre. Mais l’alternative, une société à deux vitesses biologiques, semble pire. Notre démocratie devra inventer de nouvelles formes de régulation collective pour que le transhumanisme ne devienne pas l’instrument d’une nouvelle aristocratie biologique. 

CONCLUSION

Nous pouvons désormais répondre clairement à la problématique posée en introduction. La marchandisation des technologies transhumanistes et la capitalisation du vivant remettent en cause l’égalité politique de manière fondamentale, à trois niveaux distincts mais liés. 

Premièrement, elles transforment le statut du vivant. Celui-ci n’est plus une entité autonome productrice de ses propres normes (Canguilhem65), mais un projet technique à optimiser (Bostrom66). Cette mutation est la condition de possibilité du biocapitalisme. Deuxièmement, elles intègrent le corps dans une logique économique de performance, de compétition et d’accumulation (Marx67, Becker68, Piketty69). L’accès aux augmentations dépend alors des ressources financières, ce qui produit une inégalité d’accès massive. Troisièmement, cette inégalité économique se transforme en inégalité biologique durable (Rose70, Bostrom71). Les écarts ne sont plus seulement dans les comptes bancaires ; ils sont dans les corps, les cerveaux, les génomes. Ce faisant, le socle commun d’une humanité partagée, nécessaire à l’égalité politique (Rousseau72), se trouve fragilisé. 

Il serait toutefois erroné de conclure à un déterminisme catastrophiste. D’une part, l’égalité politique n’a jamais été pleinement réalisée dans les sociétés humaines. Le transhumanisme ne crée pas ex nihilo l’inégalité ; il la radicalise et la biologise. D’autre part, les technologies d’augmentation peuvent aussi être utilisées à des fins d’émancipation. Une prothèse neurologique qui restaure la mobilité — comme le montrent les 21 patients Neuralink73 de 2026 —, un traitement génétique qui guérit une maladie rare : ces améliorations sont souhaitables. Le problème n’est donc pas la technique en elle-même, mais son inscription dans un système de marché non régulé. 

Plusieurs pistes de régulation collective existent. La première est la mise en place d’un moratoire international sur les modifications germinales (transmissibles), afin d’éviter l’hérédité des inégalités biologiques. La deuxième est la création d’un « droit à l’augmentation de base » financé collectivement, sur le modèle de la sécurité sociale. La troisième est la taxation des brevets sur le vivant et des données biomédicales, pour financer une recherche indépendante et une redistribution. 

Ces propositions sont discutées dans la littérature spécialisée, mais elles restent à l’état d’ébauche. L’avenir du transhumanisme dépendra de notre capacité collective à inventer de nouvelles formes de gouvernance démocratique de la biologie. Les prochains siècles verront peut-être émerger un nouveau contrat social, où l’égalité ne serait plus fondée sur la similitude biologique — qui n’a jamais été parfaite — mais sur la reconnaissance et la compensation des différences. Reste à savoir si nos démocraties, souvent lentes et divisées, sauront répondre à ce défi avant que le marché n’ait définitivement creusé des fossés biologiques irréversibles entre les êtres humains. C’est à cette condition que le transhumanisme pourra tenir sa promesse d’émancipation sans trahir l’idéal d’égalité qui fonde la citoyenneté moderne. 

NOTES ET RÉFÉRENCES 

1 Neuralink Corporation (2016–présent). Site officiel et communiqués de presse. https://neuralink.com/ 

2 Doudna, J. A. & Charpentier, E. (2012). A programmable dual-RNA-guided DNA endonuclease in adaptive bacterial immunity. Science, 337(6096), 816–821. 3 Neuralink Corporation — voir 1. 

4 Noland Arbaugh : premier patient humain de Neuralink (janvier 2024), tétraplégique. L’implant est composé de 1 024 électrodes réparties sur 64 fils ultra-flexibles. Source : Musk, E. (29 janvier 2024), post sur X ; Futura-Sciences (20 mai 2024).

5 L’implant N1 (« Telepathy ») de Neuralink : interface cerveau-ordinateur (BCI) implantée chirurgicalement permettant d’enregistrer et transmettre des signaux neuronaux en temps réel vers des dispositifs numériques. 

6 Au 1er trimestre 2026, Neuralink comptait 21 patients implantés dans le monde. Les participants ont cumulé plus de 15 000 heures d’utilisation sur environ 2 000 jours. Plus de 10 000 personnes inscrites au registre des patients. Sources : Siècle Digital (12 septembre 2025) ; Journal du Geek (21 février 2026) ; Euronews (4 décembre 2025). 

7 CRISPR-Cas9 (Clustered Regularly Interspaced Short Palindromic Repeats) : technologie d’édition du génome récompensée du Prix Nobel de chimie 2020 (Doudna & Charpentier). 

8 Casgevy (exagamglogène autotemcel) : premier médicament mondial autorisé basé sur CRISPR-Cas9, développé par Vertex Pharmaceuticals et CRISPR Therapeutics. Approuvé en décembre 2023. Prix : 2,2 millions de dollars (États-Unis) ; 1,9 million d’euros (Europe). Sources : FDA (décembre 2023) ; JIM.fr (mai 2025) ; frequencemedicale.com (mars 2026). 

9 Bostrom, N. (2005). A history of transhumanist thought. Journal of Evolution and Technology, 14(1), 1–25. 

10 Lafontaine, C. (2016). Le corps comme marchandise. Sociologie et sociétés, 48(1), 25–43. 11 Rousseau, J.-J. (1762/2012). Du contrat social. GF Flammarion. 

12 Canguilhem, G. (1943). Le normal et le pathologique. Presses Universitaires de France. 13 Bostrom, N. (2005) — voir 9. 

14 Foucault, M. (1979). Naissance de la biopolitique : cours au Collège de France (1978–1979). Gallimard/Seuil. 

15 Marx, K. (1867/1993). Le Capital, livre I. Presses Universitaires de France. 16 Becker, G. S. (1964). Human capital: A theoretical and empirical analysis. University of Chicago Press. 

17 Piketty, T. (2013). Le Capital au XXIe siècle. Seuil. 

18 Rose, N. (2007). La politique de la vie elle-même : biomédecine, pouvoir et subjectivité. Presses Universitaires de France. 

19 Rousseau, J.-J. (1762/2012) — voir 11. 

20 Zuboff, S. (2019). L’Âge du capitalisme de surveillance. Zulma. 

21 Canguilhem, G. (1943) — voir 12. 

22Ibid. 

23 Jonas, H. (1979). Le principe responsabilité : une éthique pour la civilisation technologique. Flammarion. 

24Ibid. 

25 Bostrom, N. (2005) — voir 9. 

26 Foucault, M. (1979) — voir 14. 

27Ibid. 

28 Foucault, M. (1975). Surveiller et punir : naissance de la prison. Gallimard. 29 Marx, K. (1867/1993) — voir 15. 

30Ibid. 

31 Becker, G. S. (1964) — voir 16. 

32Ibid. 

33 Neuralink Corporation — voir 1.

34 BCI (Brain-Computer Interface) : dispositif établissant une communication directe entre le cerveau et un système informatique externe, sans passer par les voies nerveuses et musculaires habituelles. 

35 Neuralink, 2026 — voir 6. 

36 CRISPR-Cas9 — voir 7. 

37 Casgevy — voir 8. 

38 Marché mondial de la thérapie génique : 9 milliards de dollars en 2024 ; 51,3 milliards prévus en 2034 (TCAC de 19,4 %). 36 thérapies approuvées par la FDA en mars 2024 ; 500 en développement. Source : GM Insights, Rapport sur les parts de marché de la thérapie génique, 2025–2034 (octobre 2025). 

39 23andMe : entreprise californienne fondée en 2006, spécialisée dans les tests ADN. Dépôt de bilan en mars 2025, exposant les données génétiques de 15 millions de clients à une vente potentielle. Sources : France 24 (25 mars 2025) ; 20 Minutes (25 mars 2025) ; Commissariat à la protection de la vie privée du Canada (1er mai 2025). 

40Ibid. 

41 Negri, A. & Hardt, M. (2004). Multitude : guerre et démocratie à l’âge de l’Empire. La Découverte. 

42 Foucault, M. (1976). Histoire de la sexualité, tome 1 : La volonté de savoir. Gallimard. 43 Casgevy — voir 8. 

44 Witkowsky, L. et al. (2023). Towards affordable CRISPR genomic therapies. Gene Therapy, 30, 747–752. Étude parue dans Nature en octobre 2024 estimant qu’il serait possible de diviser par dix le coût des thérapies géniques CRISPR. Source : médecine/sciences (mars 2025). 

45 Hemgenix (uniQure/CSL Behring) : thérapie génique contre l’hémophilie B, approuvée par la FDA en 2022 au prix catalogue de 3,5 millions de dollars. 

46 Piketty, T. (2013) — voir 17. 

47Ibid. 

48 Rose, N. (2007) — voir 18. 

49Ibid. 

50 Dopage génétique : modification ou stimulation génétique de gènes (EPO, IGF-1, myostatine) pour améliorer les performances sportives. Interdit par l’Agence mondiale antidopage (AMA/WADA) depuis 2003 ; détection extrêmement difficile. 

51 Tourisme génomique : déplacement vers des pays à réglementation plus souple pour accéder à des services de sélection génétique ou embryonnaire interdits dans son pays d’origine. 

52 Score polygénique (PGS) : indicateur statistique additionnant les effets de nombreux variants génétiques pour estimer la prédisposition à un trait ou une maladie. 53 Genomic Prediction et Orchid Biosciences : sociétés américaines pionnières du dépistage préimplantatoire polygénique, disponible commercialement depuis 2019. Une campagne publicitaire de Genomic Prediction dans le métro new-yorkais (« Have Your Best Baby ») a généré une augmentation de 1 700 % des ventes. Source : Alliance Vita (décembre 2025). 

54 ACMG (février 2024). Clinical utility of polygenic risk scores for embryo selection. Genetics in Medicine ; Namba et al. (octobre 2024). Inconsistent embryo selection across polygenic score methods. Nature Human Behaviour. https://doi.org/10.1038/s41562-024-02019-y 

55 Bostrom, N. (2005) — voir 9. 

56 Rousseau, J.-J. (1762/2012) — voir 11.

57Ibid. 

58 Piketty, T. (2019). Capital et idéologie. Seuil. 59Ibid. 

60 Zuboff, S. (2019) — voir 20. 

61Ibid. 

62 23andMe — voir 39. 

63 Foucault, M. (1976) — voir 42. 

64Ibid. 

65 Canguilhem, G. (1943) — voir 12. 66 Bostrom, N. (2005) — voir 9. 

67 Marx, K. (1867/1993) — voir 15. 

68 Becker, G. S. (1964) — voir 16. 

69 Piketty, T. (2013) — voir 17. 

70 Rose, N. (2007) — voir 18. 

71 Bostrom, N. (2005) — voir 9. 72 Rousseau, J.-J. (1762/2012) — voir 11. 73 Neuralink, 2026 — voir 6.

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